Le mal des montagnes : symptômes, prévention et traitement en altitude

Le mal des montagnes survient dès 2 400 m et se manifeste 6 à 10 heures après l’ascension.

  • Premiers signes souvent pendant la première nuit en altitude.
  • Maux de tête résistants au repos et aux antalgiques classiques.
  • Symptômes durant 1 à 2 jours avant de s’estomper.
  • Une ataxie ou une confusion impose une urgence absolue.
  • Œdème du visage ou des mains fréquent et rassurant.
  • Une gêne respiratoire au repos ne doit pas être banalisée.

Symptômes du mal des montagnes

Les premiers signes apparaissent généralement dès 2 400 m, le plus souvent 6 à 10 heures après l’ascension, souvent pendant la première nuit en altitude. Surveillez en priorité :

  • Maux de tête persistants qui résistent au repos et aux antalgiques classiques
  • Nausées et vomissements, parfois accompagnés de vertiges
  • Fatigue inhabituelle disproportionnée par rapport à l’effort fourni
  • Perte d’appétit nette, y compris pour des plats appréciés
  • Irritabilité et insomnie, réveils fréquents, sommeil non réparateur
  • Essoufflement au repos, sensation de manque d’air sans effort

Ces symptômes du mal aigu des montagnes (MAM) durent en général de 1 à 2 jours avant de s’estomper avec l’acclimatation, mais ils peuvent s’aggraver si l’ascension se poursuit.

Symptômes bénins du MAM contre signes graves de l’OCHA

La distinction entre une forme bénigne et une urgence neurologique est essentielle. Un MAM reste supportable et régresse ; une OCHA (œdème cérébral d’altitude) met la vie en danger et impose une descente immédiate.

Symptôme observé Forme bénigne (MAM) Signe d’alerte (OCHA)
Maux de tête Soulagés par antalgiques Intenses, résistants
Comportement Irritabilité passagère Confusion, désorientation
Démarche Normale Ataxie, chutes
Conscience Vigilance conservée Somnolence, coma

Toute ataxie ou confusion chez une personne en altitude constitue une urgence absolue. Une OCHA peut évoluer vers le coma en quelques heures.

Œdème du visage, des mains et des pieds : un signe fréquent et rassurant

Le gonflement du visage, des mains ou des pieds est très courant en altitude, y compris au camp de base de l’Annapurna à 4 130 m. Cet œdème est lié à la rétention d’eau et à la vasodilatation provoquées par l’hypoxie. Il disparaît spontanément en quelques jours sans traitement particulier.

À l’inverse, un gonflement qui s’accompagne de confusion ou d’une gêne respiratoire au repos ne doit pas être banalisé.

Prévention du mal des montagnes

le mal des montagnes

La meilleure prévention reste une ascension lente. Au-delà de 2 400 m, contrôlez votre vitesse de montée et imposez-vous des paliers progressifs, surtout passé 3 000 m. L’altitude de sommeil compte davantage que l’altitude maximale atteinte dans la journée : dormir bas protège efficacement.

L’hydratation est essentielle : buvez régulièrement, l’air sec d’altitude déshydrate vite. Évitez l’alcool, les opioïdes et les sédatifs avant le coucher, car ils dépriment la respiration. Une bonne condition physique ne protège pas du mal des montagnes : la sensibilité varie fortement d’un individu à l’autre.

L’acétazolamide (Diamox) peut être pris la nuit précédant l’ascension en prévention, sur avis médical. Repos, alimentation légère et respiration ample complètent la démarche. Au moindre symptôme, stoppez la montée.

Qu’est-ce que le mal des montagnes ?

Définition et mécanisme : la pression de l’oxygène en chute

Le mal des montagnes, ou mal aigu des montagnes (MAM), résulte d’un manque d’oxygène lié à la baisse de la pression atmosphérique en altitude. En grimpe, l’air reste composé d’environ 21 % d’oxygène, mais chaque inspiration apporte moins de molécules d’O2. Dès 3 000 m, la pression atmosphérique chute d’un tiers, et à 5 500 m elle est réduite de moitié. Au sommet de l’Everest, elle atteint un tiers de sa valeur au niveau de la mer.

L’organisme tente de compenser en augmentant sa respiration et sa production de globules rouges, mais cette adaptation demande plusieurs jours. Le MAM survient ainsi chez la plupart des personnes au-dessus de 2 400 m, généralement 6 à 10 heures après l’ascension. Il dure 1 à 2 jours et guérit le plus souvent seul avec un peu d’acclimatation ou une descente.

Les trois formes du mal des montagnes (MAM, OCHA, OPHA)

Le terme « mal des montagnes » regroupe trois tableaux de gravité croissante. Les distinguer permet d’adapter la réaction : repos, surveillance ou évacuation en urgence.

  • MAM : forme légère et la plus courante, maux de tête, nausées, fatigue
  • OCHA : urgence cérébrale, confusion, troubles de l’équilibre, coma possible
  • OPHA : urgence pulmonaire, liquide dans les poumons, risque vital

L’OCHA (œdème cérébral d’altitude) signale que le cerveau gonfle : c’est une urgence vitale. L’OPHA (œdème pulmonaire d’altitude) se manifeste 24 à 96 heures après une ascension à plus de 2 400 m et représente la principale cause de décès en haute montagne.

Traitement et prise en charge

La conduite à tenir en cas de mal des montagnes tient en une priorité absolue : redescendre. C’est le traitement le plus efficace, valable pour toutes les formes, du simple MAM jusqu’aux complications graves. Aucun médicament ne remplace la perte d’altitude.

Voici les bons réflexes, dans l’ordre :

  • Redescendre sans attendre : la seule mesure qui traite la cause
  • Arrêter l’ascension : stopper toute montée dès les premiers symptômes légers
  • Prendre des antalgiques : pour soulager le mal de tête, le symptôme le plus fréquent
  • Acétazolamide dès symptômes : il accélère l’acclimatation même pris après l’apparition des signes
  • Corticoïdes en urgence : ils améliorent rapidement l’état du malade en situation grave
  • Jamais dormir plus haut : ne jamais passer la nuit à une altitude supérieure si les symptômes persistent

Gérer l’acétazolamide (Diamox)

L’acétazolamide est utile à deux titres : en prévention la nuit précédant l’ascension, mais aussi en traitement une fois les symptômes installés. En revanche, on arrête sa prise au début de la descente, une fois l’altitude perdue.

Pour les cas graves, notamment l’OPHA, principale cause de décès liée à l’altitude, les corticoïdes apportent une amélioration rapide. Ils servent de traitement temporaire en attendant l’évacuation, mais ne dispensent jamais de redescendre ou d’évacuer en urgence.

Quand redescendre devient une urgence

Un mal aigu léger dure de 1 à 2 jours et cède avec du repos, des antalgiques et l’arrêt de l’ascension. Mais si les symptômes s’aggravent (confusion, démarche instable, essoufflement au repos), il faut descendre immédiatement, de nuit s’il le faut, et contacter les secours. Ne jamais attendre le matin.

Acclimatation

L’organisme s’adapte naturellement à l’altitude en quelques jours jusqu’à 3 000 m. Il augmente sa fréquence respiratoire et produit davantage de globules rouges pour capter l’oxygène raréfié. Cette acclimatation est progressive et ne se force pas.

Au-delà de 3 000 m, le contrôle de la vitesse d’ascension devient essentiel. Prévoyez des paliers progressifs et dormez à une altitude intermédiaire avant de monter plus haut. L’altitude de sommeil compte davantage que l’altitude maximale atteinte dans la journée.

Le risque est accru si vous résidez au niveau de la mer ou montez trop rapidement au-delà de 2 000 m. Une bonne forme physique ne remplace pas l’acclimatation : chacun réagit différemment selon sa sensibilité individuelle.

Pour prolonger la visite

L’acclimatation ne remplace pas l’entraînement : l’ascension du Monte Cinto, toit de la Corse à 2 706 m, se prépare sérieusement. Plus exigeant encore, le Mont Perdu impose une condition physique excellente et une progression par étapes. En Auvergne, les cascades du Mont-Dore offrent des dénivelés plus doux, avec des boucles modérées adaptées à une reprise progressive.

Pour varier les plaisirs en montagne, une randonnée facile au départ de Thônes offre un dénivelé modéré et un départ bien identifié près de l’église.

Complications graves (OCHA, OPHA)

Forme Délai d’apparition Symptômes clés Signe distinctif
OCHA 4 à 12 heures après l’arrivée Confusion, ataxie, maux de tête Le cerveau gonfle
OPHA 24 à 96 heures après ascension Essoufflement au repos, toux Liquide dans les poumons

Les deux complications graves du mal des montagnes engagent le pronostic vital. L’OPHA (œdème pulmonaire de haute altitude) est responsable de la plupart des décès en altitude. Fait déroutant : il peut survenir sans symptômes préalables de MAM, ce qui le rend d’autant plus imprévisible. Une ascension rapide au-delà de 2 400 m constitue le principal facteur déclenchant.

L’OCHA (œdème cérébral de haute altitude) se manifeste par des troubles neurologiques francs : confusion, ataxie (démarche instable), puis coma possible. Des hémorragies rétiniennes peuvent également apparaître. Ce tableau apparaît généralement 4 à 12 heures après l’arrivée en altitude, bien plus vite que l’OPHA.

Face à ces signes, la conduite à tenir est sans ambiguïté : redescendre immédiatement, quelle que soit la forme. La descente reste le traitement le plus efficace. Chaque heure compte, et un évacuation rapide peut sauver la vie.

Facteurs de risque et profils sensibles

Certains profils sont plus exposés que d’autres. Le principal facteur de risque reste l’antécédent personnel de mal des montagnes : une personne qui a déjà souffert du MAM lors d’une ascension a une probabilité nettement plus élevée de le revoir. Vivre au niveau de la mer augmente aussi la sensibilité, car l’organisme n’a aucune acclimatation préalable. À l’inverse, une bonne condition physique ne protège pas : les sportifs très entraînés peuvent être tout autant touchés.

Les conditions d’ascension pèsent souvent plus lourd que le profil individuel. Une montée rapide dépassant 2 000 m sans palier, surtout avec une nuit passée en haute altitude, multiplie le risque. C’est pourquoi la vitesse d’ascension est un levier clé : les alpinistes expérimentés la contrôlent strictement et privilégient des paliers progressifs, quitte à sacrifier un sommet pour préserver leur santé.

Enfin, la sensibilité varie fortement d’un individu à l’autre et peut même changer d’une expédition à l’autre chez la même personne. Impossible donc de prédire avec certitude qui sera touché. La meilleure approche reste d’appliquer les règles de prévention sans exception, et d’être particulièrement vigilant lors des premières 24 heures en altitude, période la plus critique.